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Archive pour 11 septembre 2009
Le Nègre des Lumières au théâtre Mogador demain soir !!!
11 septembre 2009 par Karambole.

Le Nègre des Lumières
de Alain Guédé
Mise en scène de Alain Guédé
Avec Mowgli Laps, Marlène Assayag, Sophie Fournier, Yann Toussaint, Corinne Sertillanges, Loup-Denis Elion
Réintégrer un musicien français noir du XVIIIe siècle et l’ensemble de son oeuvre en montant un Opéra pour une représentation unique : voici le défi d’un spectacle créé de bout en bout par un passionné de musique : Alain Guédé.
Le Nègre des lumières est à la fois le titre d’un livre à succès paru chez Actes Sud mettant à l’honneur le chevalier de Saint George (1789-1799) (fils d’une esclave sénégalaise et d’un planteur noble) et écrit par Alain Guédé (célèbre journaliste français) mais aussi, le nom d’un opéra en deux actes créé de toute pièce utilisant l’art du Pasticcio, technique beaucoup usitée au XVIIIe siècle.Déjà interprété en Avignon avec succès en 2005, Alain Guédé remet le couvert en septembre au théâtre Mogador pour faire connaitre la personnalité hors norme d’un compositeur singulièrement incontournable tant dans sa négritude qui ne l’isola pas des honneurs qu’il méritait que dans son talent de musicien dandy et paroxystiquement raffiné.
Opéra en deux actes pastichant la musique de Monsieur de Saint George autant que sa vie, cette œuvre respecte l’esprit du musicien autant que son esthétique. La majorité des opéras de Monsieur de Saint George ont disparu et Alain Guédé a effectué un véritable travail de bénédictin pour tisser une œuvre composée reprenant des airs isolés en les adaptant de paroles nouvelles adéquates respectant scrupuleusement la stylistique et la prosodie avec l’Alexandrin et la “musique des mots” en symbiose avec la mentalité de composition du musicien. Il est rapporté que les interprètes, dans ces œuvres, étaient toujours joliment vêtus ; c’est ce que cet opéra se propose aussi d’honorer dans l’esthétique.
Balayant l’histoire, celle des lumières dans laquelle Saint George s’insère – nous infirmant en outre le manque de personnalité de la reine Marie-Antoinette qui, séduite lui confiera des responsabilités notoires pour en faire son compositeur de prédilection avant de le désavouer – autant que l’altruisme de ce musicien marqué dans son implication franc-maçonne ; l’opéra Le Nègre des lumières promet de rendre au mieux ce paysage maçonnique avec une distribution musicale de prestige.
Monsieur de Saint Georges était un érudit habitué des salons philosophiques et ce n’est pas peu dire : emphytéote de la société des amis des Noirs au même titre que Condorcet et de surcroit franc-maçon comme son contemporain Mozart. Emprisonné en raison de ses amitiés célèbres et dérangeantes comme celle du duc d’Orléans, son aura se poursuivit après la Révolution française et jusqu’à sa mort en 1799.
Grâce à Alain Guédé, le musicien nègre reprend ses lettres de noblesse dans un opéra saluant son talent comme l’affrontement lié à ses origines. Saint Georges a désormais – en plus d’une rue à cheval sur les premiers et huitièmes arrondissements de Paris portant son nom après moult tempêtes la débaptisant du patronyme d’un esclavagiste : Richepance – un opéra inaugurant l’audace de son incarnation dans l’histoire de la société jusqu’à aujourd’hui où le racisme est encore trop d’actualité. Pour en savoir plus
Srce : La théatrotèque.com
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